Semaine 1: Mise en pratique

Exercice — Derrière le comportement

Pensez à une situation récente où une personne a eu un comportement qui vous a surpris, agacé ou déstabilisé.

Décrivez brièvement le comportement observé :

Maintenant, remplissez les trois sections suivantes :

1. Ce que je sais

Notez uniquement les faits observables, c’est-à-dire ce que n’importe quelle personne témoin de la situation pourrait aussi rapporter.

Exemple : La personne a quitté la réunion avant la fin sans dire un mot.

2. Ce que j’imagine

Inscrivez toutes les hypothèses qui vous viennent à l’esprit à propos des états mentaux qui pouvaient habiter l’esprit de la personne dans la situation.

Exemple : Elle était fâchée. Elle s’est rappelée qu’elle avait un rendez-vous urgent. Elle se sentait mal à l’aise. Elle s’ennuyait.

3. Ce qui pourrait se passer dans les esprits

Essayez d’explorer les différentes dimensions de la mentalisation :

Chez l’autre

  • Que pouvait-elle penser ?
  • Que pouvait-elle ressentir ?

Chez moi

  • Qu’est-ce que je pensais dans la situation ?
  • Qu’est-ce que je ressentais dans la situation ?

4. Réflexion finale

Lisez ce que vous avez écrit et complétez la phrase : Après cet exercice, je réalise que…

(Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réflexion. Il se peut que des conclusions soient difficiles à tirer. Dans ce cas, qu’est-ce qui rend la posture de mentalisation difficile à maintenir dans la situation décrite ?)

Quiz

Q — Mentaliser, c’est comprendre le sens des comportements en les reliant uniquement à des faits observables — vrai ou faux ?

Faux.

Mentaliser implique de relier les comportements à des états mentaux comme les émotions, les pensées, les intentions, les besoins, etc.

Q — Une même situation devrait faire réagir tout le monde de la même façon — vrai ou faux ?

Faux.

Chacun réagit différemment selon son histoire, ses émotions, ses interprétations et ses valeurs.

Q — La mentalisation peut être décrite de plusieurs façons, sauf une. Laquelle :

  1. se pencher sur ses états mentaux ;
  2. garder l’esprit en tête ;
  3. réfléchir à notre réflexion ;
  4. comprendre ce qui semble incompréhensible ;
  5. voir les autres de l’extérieur et soi-même de l’intérieur ?

E « Voir les autres de l’extérieur et soi-même de l’intérieur » n’est pas une description juste.

C’est en fait le contraire : lorsqu’on mentalise, on essaie de voir les autres de l’intérieur (imaginer leur monde mental) et soi-même de l’extérieur (avec un certain recul).

Q — La posture mentalisante ne constitue pas une exploration curieuse marquée par le non-savoir — vrai ou faux ?

Faux.

La posture mentalisante est précisément une exploration curieuse de l’expérience de soi et d’autrui, marquée par une attitude de non-savoir (se rappeler que l’esprit est opaque).

Q — Laquelle des affirmations suivantes décrit le mieux les quatre dimensions (axes) de la mentalisation ?

A. Mentaliser consiste à choisir entre ses émotions ou sa réflexion, selon la situation.

B. Mentaliser consiste à trouver un équilibre entre soi et les autres, les émotions et la réflexion, les comportements observables et les états mentaux, ainsi que les réactions automatiques et la réflexion délibérée.

C. Mentaliser consiste principalement à comprendre les émotions des autres plutôt que ses propres émotions.

D. Mentaliser consiste à se fier à sa première impression, puisque nos intuitions sur les autres sont généralement exactes.

B

La mentalisation repose sur quatre axes complémentaires : soi ↔ autrui, affectif ↔ cognitif, externe ↔ interne et automatique ↔ contrôlé. Une bonne mentalisation implique de naviguer avec souplesse entre ces différentes dimensions plutôt que de rester centré sur un seul pôle.

Nous vous invitons à explorer vos forces en mentalisation : la capacité à comprendre ce qui se passe dans son monde intérieur et dans celui des autres. Il ne s’agit pas de trouver des réponses parfaites, mais de développer une attitude de curiosité envers soi-même et les autres.

1. Réfléchir à ses propres états mentaux

  • Quelles pensées, émotions, envies ou réactions personnelles arrivez-vous habituellement à reconnaître chez vous ?
  • Êtes-vous capable de mettre des mots sur ce que vous ressentez dans certaines situations ?
  • Dans quels contextes vous est-il plus facile de réfléchir à votre vécu intérieur ? Qu’est-ce qui vous aide à prendre un pas de recul (calme, soutien d’une personne, écriture, temps seul, discussion) ?

2. Mentaliser les autres

  • Êtes-vous capable d’imaginer ce que d’autres personnes peuvent penser ou ressentir ?
  • Dans quelles circonstances vous est-il plus facile, ou plus difficile, de comprendre les autres ?
  • Donnez un ou des exemples de situations où vous avez reconnu les émotions, intentions ou besoins derrière le comportement d’une personne.

3. Réfléchir au contexte

  • Avez-vous déjà remarqué que votre état émotionnel varie selon le stress, la fatigue, les conflits ou l’environnement ?
  • Qu’est-ce qui vous aide à prendre du recul et à considérer le contexte global d’une situation ?

4. Mentalisation centrée sur les comportements et sur les émotions

  • Avez-vous remarqué des réactions automatiques lorsque vous êtes stressé, inquiet ou en colère ? Comment vos émotions influencent-elles vos comportements ?
  • Vous arrive-t-il de ressentir plusieurs émotions en même temps ? Lesquelles ?

5. Réfléchir à sa propre manière de mentaliser

  • Êtes-vous capable de changer d’idée lorsque vous obtenez de nouvelles informations sur vous-même ou sur l’autre ?
  • Pouvez-vous reconnaître que vous ne comprenez pas toujours complètement les intentions des autres ?
  • Sur quel(s) pôle(s) de la mentalisation (soi/autrui, externe (visible)/interne (invisible), cognitif/affectif, automatique/contrôlé) vous reconnaissez-vous le plus à l’aise ? Le moins à l’aise ?

Réflexion finale : la mentalisation n’est pas une capacité parfaite ou constante. Elle varie selon le stress, les émotions, les relations et les situations vécues. Reconnaître ses forces permet de mieux voir les ressources déjà présentes en soi.

À faire cette semaine Devenez un observateur curieux de votre propre esprit : chaque jour, prenez quelques minutes pour repérer un moment où vous avez tenté de comprendre ce qui se passait chez une autre personne… ou en vous-même. Choisissez aussi une personne de confiance et posez-lui une question ouverte sur sa journée ou son vécu. Restez curieux, calme et ouvert, en écoutant et en explorant sans corriger ni rassurer trop vite. Observez ensuite votre propre expérience : étiez-vous curieux, ou déjà convaincu de savoir ?

 

Journal hebdomadaire (outil optionnel) — notez chaque jour une situation où vous avez observé votre mentalisation à l’œuvre, ou un moment où elle vous a échappé (à faire dans le cahier du participant).

JourSituation observéeÉmotion / intensité (0-10)Ce que j’observe à propos de ma capacité à mentaliser
      
      
      
      

Ma capacité de mentalisation est-elle la même dans toutes les circonstances ?

Non, elle varie selon le contexte. Il peut être plus difficile de saisir l’esprit d’un ami qui exprime peu ses pensées, ou de mentaliser dans une situation conflictuelle où l’activation émotionnelle est forte.

Est-ce que cette capacité peut s’améliorer ?

Oui. En s’intéressant davantage à son vécu intérieur et à celui des autres, en développant sa capacité de régulation de ses émotions et en apprenant à reconnaitre les situations où mentaliser est plus difficile. Personne cependant ne peut viser l’accès constant et infaillible à sa capacité de mentalisation.

Pourquoi est-ce que je ne comprends pas toujours ce que je ressens moi-même ?

Parce que notre propre esprit nous est aussi partiellement opaque. C’est une réalité humaine normale. Cela demande parfois du temps, de la réflexion, ou l’aide d’une autre personne pour y voir plus clair.

Est-ce que mentaliser veut dire qu’on doit toujours être capable de décoder ce que l’autre ressent ?

Non, au contraire. Mentaliser, c’est accepter qu’on ne pourra jamais connaître parfaitement l’esprit de l’autre, et apprendre à vivre avec cette incertitude tout en restant curieux.

  • La mentalisation n’est pas une compétence isolée : elle s’appuie sur plusieurs capacités sous-jacentes, dont la régulation des émotions et la confiance de base envers les autres.
  • La qualité de la mentalisation n’est pas un trait fixe de la personnalité, elle fluctue dans le temps, selon le contexte, les relations et l’état émotionnel. Autrement dit, une même personne peut très bien mentaliser dans un contexte et avoir plus de difficulté dans un autre.
  • Plus une personne pratique consciemment la posture mentalisante (non-savoir, curiosité, exploration), plus cette posture devient accessible, même dans des moments de stress modéré.
  • Un objectif réaliste n’est pas de mentaliser parfaitement, mais d’augmenter la fréquence et la rapidité avec laquelle on retrouve cette posture après l’avoir perdue.

Avis important

Ce site propose des ressources éducatives fondées sur le traitement basé sur la mentalisation. Il s’agit d’un outil d’autoapprentissage destiné à vous aider à mieux comprendre vos émotions, vos réactions et vos relations. Ce site ne remplace pas un suivi professionnel. Les informations et les exercices proposés ici ne constituent ni un diagnostic médical, ni une thérapie, ni un traitement de santé mentale. Si vous êtes en détresse, si vous vivez des pensées suicidaires ou si vous traversez une crise, demandez de l’aide immédiatement auprès d’un professionnel de la santé ou d’un service d’urgence dans votre région.