La mentalisation repose sur quatre dimensions complémentaires. Pour s’y retrouver, on peut imaginer une boussole composée de 4 axes.

Mentaliser (M), c’est trouver un équilibre relatif et flexible vers le milieu du plateau, un peu comme si on visait environ le centre de chacun des axes pour prendre en compte les 8 pôles.
- Soi-même ↔ les autres. Se mentaliser soi-même, c’est réfléchir à ses propres émotions, pensées, besoins (« qu’est-ce que je ressens ? »). Mentaliser les autres, c’est tenter de comprendre l’esprit d’une autre personne. La mentalisation repose sur un équilibre entre les deux : être trop centré sur soi fait perdre de vue l’autre ; être uniquement centré sur l’autre fait perdre le contact avec soi.
- Le cognitif (la tête) ↔ l’affectif (le cœur). Pour bien composer avec les situations complexes, on a besoin de mettre ensemble les informations qui proviennent de nos capacités d’analyse logique et de nos émotions. Trop de réflexion coupe le contact avec l’émotion ; trop d’émotion réduit la capacité de réflexion. La posture mentalisante maintient un dialogue entre les deux : ressentir tout en réfléchissant, réfléchir tout en restant connecté à l’émotion.
- L’externe ↔ l’interne. D’un côté, les comportements observables (expressions, ton, gestes), de l’autre, les états mentaux invisibles auxquels on n’a pas accès directement et qu’on doit imaginer (pensées, intentions, désirs), et ce, autant pour nous-même que chez autrui. Une mentalisation équilibrée tient compte des deux, sans confondre l’un et l’autre.
- L’automatique ↔ le contrôlé. La plupart du temps, on comprend spontanément les situations sociales (mentalisation automatique, rapide et efficace). Mais dans les situations complexes ou chargées émotionnellement, l’intuition peut induire en erreur. Il devient alors utile de ralentir et de mentaliser de façon plus délibérée (« suis-je certain de mon interprétation ? existe-t-il d’autres explications ? »).
Ces axes ne s’opposent pas : ce sont des dimensions complémentaires. Une bonne mentalisation implique de la souplesse (passer de soi aux autres, tenir compte du visible et de l’invisible, conjuguer émotion et réflexion, et ralentir quand c’est nécessaire). Sous le stress, cet équilibre se fragilise et l’on peut devenir plus rigide ou centré sur une seule perspective.
Vignettes
| Voir au-delà des comportements Karim arrive à une rencontre d’équipe visiblement contrarié. Il répond brièvement aux questions et évite le regard des autres. Sur le coup, sa collègue Julie se dit : « Il est sûrement fâché contre moi. » À ce moment, Julie est surtout centré sur elle-même (soi) et sur ce qu’elle ressent (affectif) : de l’inquiétude et du rejet. Elle s’appuie également sur des indices externes : le silence de Karim et ses réponses courtes pour expliquer la situation. Son interprétation est rapide et intuitive (automatique). Avant de réagir, Julie prend toutefois un pas de recul (mode contrôlé). Elle tente de considérer aussi le point de vue de l’autre (autrui) et mobilise davantage sa réflexion (cognitif) : « Est-ce que mon interprétation est la seule possible ? » Elle se rappelle qu’elle n’a pas accès directement aux états internes de Karim. Elle prend ainsi un moment pour adopter une posture mentalisante. Au lieu de conclure trop vite, elle reste curieux et ose explorer : « Tu sembles préoccupé aujourd’hui. Comment vas-tu ? » Karim lui explique alors qu’il est inquiet pour un proche malade et qu’il a mal dormi la nuit précédente. |
| Forces en mentalisation Léa remarque qu’elle est habituellement capable de nommer ce qu’elle ressent après une dispute avec son conjoint, même si cela lui prend parfois un peu de temps. Elle reconnaît cette force : sa capacité à revenir sur ses émotions une fois le calme retrouvé, plutôt que de rester campée sur sa première impression. |
Avis important
Ce site propose des ressources éducatives fondées sur le traitement basé sur la mentalisation. Il s’agit d’un outil d’autoapprentissage destiné à vous aider à mieux comprendre vos émotions, vos réactions et vos relations. Ce site ne remplace pas un suivi professionnel. Les informations et les exercices proposés ici ne constituent ni un diagnostic médical, ni une thérapie, ni un traitement de santé mentale. Si vous êtes en détresse, si vous vivez des pensées suicidaires ou si vous traversez une crise, demandez de l’aide immédiatement auprès d’un professionnel de la santé ou d’un service d’urgence dans votre région.
