Vignette d’introduction – Le retour au travail
Depuis son retour au travail après un arrêt maladie, Marc se sent incompris. Malgré les bonnes intentions de son gestionnaire et les mesures qu’il offre pour l’aider, il demeure méfiant et sur la défensive en ressentant de la pression pour « réussir sa réintégration ».
Un jour, un collègue lui demande comment il vit son retour au travail. En l’écoutant attentivement, sans juger ni chercher à régler le problème, il met des mots sur ce que Marc ressent : l’épuisement de devoir constamment prouver qu’il est capable.
Marc se sent alors reconnu dans son expérience. Cette impression d’être véritablement compris change quelque chose : il devient peu à peu plus ouvert aux échanges et aux propositions de soutien. Lorsqu’une personne se sent vue et comprise, il devient plus facile de faire confiance aux autres et à leurs intentions. C’est l’un des effets de la confiance épistémique.
Qu’est-ce que la confiance épistémique ?
- Le mot « épistémique » signifie que quelque chose se rapporte à la connaissance, c’est-à-dire ce qu’on peut apprendre et savoir.
- L’attitude de confiance épistémique désigne la capacité d’intégrer de nouveaux apprentissages pertinents pour soi-même et applicables au monde dans lequel on évolue, à partir de situations relationnelles et sociales.
Il se pourrait que vous-même abordiez ce parcours éducatif sur la mentalisation avec en tête des questions telles que :
- « Est-ce que cela est pertinent pour moi ? »
- « Est-ce que ce parcours éducatif peut m’apporter quelque chose ? »
- « Est-ce que je peux faire confiance aux informations communiquées ici ? »
- « Quelles sont les compétences des personnes ayant créé ce site ? »
- « Qu’est-ce qu’elles comprennent réellement de mes difficultés relationnelles et émotionnelles ? »
Ces questions sont normales. Il est prudent et sain de manifester une part de vigilance à propos des informations au sujet de la santé mentale, qu’elles se trouvent sur internet ou ailleurs. Cette position s’appelle la vigilance épistémique.
Le continuum de la confiance épistémique
- Diverses positions ou attitudes par rapport à l’information à laquelle on est exposé peuvent être décrites : la méfiance épistémique, la vigilance épistémique, la confiance épistémique, et la crédulité épistémique.
- Chacune de ces positions décrit le degré d’ouverture à apprendre de l’autre. On peut les situer sur un continuum : d’un côté, la fermeture face à l’idée de considérer une source d’information comme valable, digne de confiance et pertinente pour soi ; de l’autre, une attitude naïve où la personne prendrait pour vraie n’importe quelle information sans exercer de jugement quant à sa valeur et sa pertinence.
| 🚫 Méfiance épistémique | 🧐 Vigilance épistémique | 🤝 Confiance épistémique | 😇 Crédulité épistémique |
| Fermeture totale ————————————————————▶ Ouverture sans discernement | |||
Et vous, avec quelle attitude abordez-vous ce parcours ?
| Fermé(e) | Réticent(e) | Ambivalent(e) | Curieux / curieuse | Enthousiaste | Convaincu(e) |
| Question de réflexion D’après vous, quels facteurs influencent votre disposition à apprendre avec nous, ou au contraire, votre hésitation à vous engager dans ce parcours d’apprentissage, voire votre méfiance quant à la pertinence et la fiabilité des informations présentées ici ? |
Pourquoi ce parcours ?
Ce parcours d’apprentissage est destiné à vous permettre de comprendre en quoi la mentalisation peut vous aider à mieux gérer vos interactions sociales de tous les jours, pour mieux vous comprendre et comprendre les autres.
En effet, une meilleure capacité à naviguer dans les différents contextes sociaux ouvre la porte à la possibilité de mieux s’ajuster au contexte en apprenant des autres, pour faire face à nos difficultés et à l’imprévisibilité de l’existence, et poursuivre malgré tout notre développement en tant que personne.
| À retenir La vigilance ou la prudence initiale envers ce programme n’est pas un obstacle, c’est une réaction saine et attendue.L’objectif n’est pas la confiance aveugle, mais de développer une attitude de curiosité ouverte et critique, à l’image de la posture mentalisante elle-même qui sera décrite plus loin dans ce parcours. |
