Voici des signaux fréquents d’une mentalisation qui fait défaut :
- Nous devenons certains des motivations d’autrui – « il fait ça exprès pour me blesser », « elle m’ignore volontairement ». On passe d’une hypothèse à une certitude. Ce qui peut aider : remplacer la certitude par la curiosité (« est-ce qu’il pourrait y avoir une autre explication ? »).
- Nos pensées deviennent polarisées, en tout ou rien – « soit elle m’aime, soit elle me rejette », « cette discussion était un désastre total ». Les états mentaux deviennent figés et simplifiés. Ce qui peut aider : chercher les zones grises (« est-ce possible que plusieurs émotions coexistent ? »).
- Nous avons de la difficulté à nommer nos propres pensées, émotions ou motivations – p.ex. nous racontons une dispute en détail sans jamais mentionner ce qu’on a ressenti. Ce qui peut aider : revenir doucement aux états internes (« qu’est-ce qui était important pour moi ? »).
- Nous oublions que dans une relation, les personnes s’influencent mutuellement – p.ex. nous voyons les comportements de l’autre comme isolés, sans considérer l’impact relationnel de nos attitudes ou comportements (« elle est devenue froide », sans se demander comment notre propre attitude a pu y contribuer).
- Nous manquons de curiosité pour les états mentaux – p.ex. nous cherchons rapidement un coupable, nous voulons avoir raison, nous fermons la discussion (« ça sert à rien d’en parler »). Ce qui peut aider : retrouver une posture de non-savoir (« peut-être qu’il y a des choses que je ne comprends pas encore »).
- Nous décrivons les faits en détail, mais nous nous attardons très peu aux états mentaux – p.ex. nous racontons précisément qui a fait quoi, à quelle heure, sans jamais explorer ce que chacun ressentait ou ce que cela signifiait relationnellement.
- Nous privilégions uniquement les facteurs externes – « il était de mauvaise humeur parce qu’il pleuvait », « j’ai réagi comme ça parce que j’avais mal à la tête » ; les états mentaux internes sont peu considérés.
- Nous utilisons des clichés, des étiquettes ou des généralisations – « les gens sont égoïstes », « il est paresseux », « elle est folle » ; ces formulations réduisent la complexité humaine.
- Nous employons des mots absolus : « toujours », « jamais », « certain » – ces mots sont des signaux d’alerte d’une mentalisation fragilisée; quand les émotions montent, notre esprit tend à simplifier et généraliser.
Une faible mentalisation ne signifie pas que nous sommes « mauvais » ou incapables de comprendre les autres. C’est souvent une réaction humaine à une activation émotionnelle importante.
Avis important
Ce site propose des ressources éducatives fondées sur le traitement basé sur la mentalisation. Il s’agit d’un outil d’autoapprentissage destiné à vous aider à mieux comprendre vos émotions, vos réactions et vos relations. Ce site ne remplace pas un suivi professionnel. Les informations et les exercices proposés ici ne constituent ni un diagnostic médical, ni une thérapie, ni un traitement de santé mentale. Si vous êtes en détresse, si vous vivez des pensées suicidaires ou si vous traversez une crise, demandez de l’aide immédiatement auprès d’un professionnel de la santé ou d’un service d’urgence dans votre région.
